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Tardoc remplace Tarmed : ce que le médecin indépendant doit faire

Tardoc et forfaits ambulatoires remplacent Tarmed. Voici l'effet sur votre facture, vos revenus et la préparation du cabinet.

Medcourtage - Tardoc remplace Tarmed : ce que le médecin indépendant doit faire

Une consultation de 20 minutes, avant et après

Prenez une consultation de médecine de famille de 20 minutes. Aujourd'hui, vous la facturez à l'acte avec la position de consultation de base Tarmed, puis vous ajoutez du temps en plus si la consultation dure. Chaque position porte des taxpoints, que vous multipliez par la valeur du point tarifaire de votre canton.
En Tardoc, la logique reste celle de la facturation à l'acte. Mais la structure est réécrite : les prestations sont redécrites, leurs durées sont recalculées, et les règles de cumul et de limitation changent. Le résultat sur votre facture dépend donc de ce que vous cumulez d'ordinaire, pas seulement du tarif de base.
Une précision pour éviter un faux raccourci. Tardoc n'est pas un simple « Tarmed 2.0 ». C'est une nouvelle structure tarifaire à l'acte, qui coexiste avec des forfaits ambulatoires pour une autre partie des prestations. Les deux forment ensemble la réforme.
Date à retenir : le Conseil fédéral a approuvé la structure tarifaire pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Au 27 octobre 2026, la bascule est donc déjà derrière la plupart des cabinets. Si vous n'avez pas encore tout vérifié (positions, logiciel, cumuls), l'enjeu est de rattraper le retard, sans attendre davantage. Vérifiez les modalités de détail sur les sites de l'OFSP et de l'OAAT, certaines pouvant encore évoluer.

Structure tarifaire : du point Tarmed à la logique Tardoc

Le principe de calcul que vous connaissez ne disparaît pas : une prestation reçoit un nombre de taxpoints, multiplié par la valeur du point tarifaire. Cette valeur est fixée par canton, entre les fournisseurs de prestations et les assureurs. Elle varie donc d'un canton à l'autre, et une convention peut la modifier. Contrôlez la valeur applicable à votre cabinet auprès de votre société cantonale de médecine ou de la convention en vigueur.
Ce qui change, c'est le contenu des positions. Tardoc revoit la description des prestations, les temps de référence, les règles de cumul entre positions et les limitations de quantité ou de durée. Certaines positions Tarmed disparaissent, d'autres sont réécrites ou regroupées.
Pour le médecin installé, la conséquence est concrète. Une habitude de facturation qui passait sans difficulté en Tarmed peut être refusée en Tardoc si une règle de cumul l'exclut. À l'inverse, une prestation mal valorisée avant peut être mieux décrite.
La base légale se trouve dans la LAMal (art. 43) et dans l'ordonnance sur la fixation et l'adaptation de structures tarifaires dans l'assurance-maladie. Elle prévoit une structure tarifaire unique à l'échelle nationale, gérée par l'organisation tarifaire OAAT. Textes consultables sur fedlex.admin.ch.

Sur la facture : cumuls, positions supprimées, exemple chiffré

Trois points font bouger la facture d'un cabinet : les cumuls interdits, les positions supprimées ou réécrites, et les durées recalculées.
Pour les cumuls, relisez vos dix factures les plus fréquentes. Repérez les positions que vous associez presque toujours (consultation, temps en plus, prestations techniques, rapport). Chaque association doit être testée dans la nouvelle structure. Une association devenue impossible se traduit par un rejet de l'assureur, donc par du travail de secrétariat et un retard de paiement.
Pour l'exemple chiffré, voici la mécanique, à remplir avec vos propres données. Une consultation de 20 minutes en Tarmed se calcule ainsi : somme des taxpoints des positions retenues, multipliée par la valeur du point de votre canton. Si le total fait 60 taxpoints et que votre valeur du point est de CHF 0.90, la facture est de CHF 54.00. En Tardoc, vous refaites le même calcul avec les nouvelles positions et leurs taxpoints. Je ne chiffre pas ici de montant Tardoc précis : les taxpoints exacts doivent être repris du tarif officiel publié par l'OAAT, et la valeur du point reste cantonale. Les chiffres ci-dessus illustrent la méthode, pas un tarif.
Faites ce test sur un échantillon de 30 à 50 consultations réelles. Vous verrez vite quelles lignes pèsent sur votre chiffre d'affaires.
1. Relire vos factures les plus fréquentes
Délai10 factures
DétailReprenez vos 10 factures les plus fréquentes et repérez les positions toujours associées : consultation, temps en plus, prestations techniques, rapport. (Médecin)
2. Tester chaque cumul dans la nouvelle structure
DélaiChaque association repérée
DétailVérifiez que chaque cumul reste possible en Tardoc. Un cumul devenu impossible entraîne un rejet de l'assureur, du travail de secrétariat et un retard de paiement. (Médecin)
3. Recalculer sur des consultations réelles
Délai30 à 50 consultations
DétailRefaites le calcul sur un échantillon de consultations réelles, avec les taxpoints officiels publiés par l'OAAT et la valeur du point de votre canton. (Médecin)
4. Affecter vos actes à Tardoc ou à un forfait
Délai20 actes
DétailDressez la liste de vos 20 actes les plus fréquents et affectez chacun à Tardoc ou à un forfait ambulatoire, en citant la position officielle. Ne classez pas de mémoire. (Médecin)
Quatre contrôles sur vos propres données suffisent pour mesurer l'impact réel de Tardoc sur votre facture

À retenir

Quatre vérifications sur vos propres factures, faites avec les taxpoints officiels de l'OAAT, révèlent ce que Tardoc change réellement pour votre cabinet.
Source : LAMal (art. 43) et ordonnance sur la fixation et l'adaptation de structures tarifaires dans l'assurance-maladie — fedlex.admin.ch ; taxpoints et liste des forfaits : OAAT, OFSP

Tardoc ou forfait ambulatoire : qui bascule où

La réforme a deux moitiés. La première, Tardoc, reste une facturation à l'acte. La seconde, les forfaits ambulatoires, regroupe des prestations en un montant fixe par cas. Une intervention ou un traitement qui relève d'un forfait ne se facture plus position par position.
Pour un médecin de famille, l'essentiel de l'activité courante reste à l'acte en Tardoc. Pour un spécialiste qui pratique des interventions ambulatoires ou des actes techniques répétitifs, une partie de l'activité peut basculer vers un forfait. Le périmètre exact dépend de la liste des forfaits approuvés. Consultez-la sur le site de l'OAAT et de l'OFSP avant de supposer qu'un acte reste à l'acte.
En cabinet de groupe, la question se complique : plusieurs médecins facturent des prestations différentes sous une même structure. Vérifiez que chaque praticien a bien identifié ce qui relève de Tardoc et ce qui relève d'un forfait, y compris pour les actes réalisés par délégation de compétences à du personnel non médecin.
Un point de méthode : ne classez pas vos prestations de mémoire. Dressez la liste de vos 20 actes les plus fréquents et affectez chacun à Tardoc ou à un forfait, en citant la position officielle.
Mode de facturation
TardocÀ l'acte, position par position : taxpoints × valeur du point cantonal
Forfaits ambulatoiresMontant fixe par cas, sans facturation position par position
Prestations concernées
TardocActivité courante de médecine de famille
Forfaits ambulatoiresInterventions ambulatoires et actes techniques répétitifs
Profil touché
TardocMédecin de famille : l'essentiel de l'activité reste à l'acte
Forfaits ambulatoiresSpécialiste : une partie de l'activité peut basculer vers un forfait
Source de vérification
TardocTarif officiel publié par l'OAAT (positions, taxpoints, règles de cumul)
Forfaits ambulatoiresListe des forfaits approuvés sur les sites de l'OAAT et de l'OFSP
Tardoc reste à l'acte, le forfait ambulatoire fige le montant par cas : votre profil détermine où bascule votre activité

À retenir

Le médecin de famille reste pour l'essentiel à l'acte en Tardoc, alors que le spécialiste doit vérifier quelles interventions basculent vers un forfait.
Source : Art. 43 LAMal et ordonnance sur la fixation et l'adaptation de structures tarifaires dans l'assurance-maladie — fedlex.admin.ch ; OAAT ; OFSP

Neutralité des coûts : ce que prévoit la loi, ce que cela change

Le Conseil fédéral a posé une exigence : la révision tarifaire doit être neutre sur les coûts. Concrètement, la nouvelle structure ne doit pas augmenter le volume total des dépenses de l'assurance obligatoire des soins par rapport à l'ancienne. Cette règle découle de la LAMal et de l'ordonnance sur la structure tarifaire, et c'est l'OAAT qui en assure la mise en œuvre avec les partenaires tarifaires.
Les partenaires sont les fournisseurs de prestations (dont la FMH), les assureurs et, pour la partie forfaitaire, des acteurs hospitaliers. L'OFSP veille à la conformité et approuve la structure.
Ce que la neutralité signifie pour votre cabinet : elle s'applique à l'ensemble du système, pas à chaque cabinet. Votre revenu individuel peut monter ou baisser selon votre profil d'activité. Un cabinet qui travaille surtout en consultations longues n'aura pas le même résultat qu'un cabinet très technique. La neutralité est un équilibre global, pas une garantie individuelle.
Les mécanismes de suivi et d'ajustement peuvent évoluer. Gardez cette réserve en tête et reportez-vous aux publications de l'OFSP et de la FMH pour les corrections éventuelles. Pensez aussi à votre assurance perte de gain : si vos revenus varient, vérifiez que le revenu assuré reste cohérent avec votre situation réelle. Sur la protection du revenu et du capital, notre article sur la question de savoir de combien d'assurance vie un médecin a besoin en Suisse donne un cadre utile.

Échéances et préparation du cabinet

Cinq chantiers, à traiter dans cet ordre.
Logiciel de facturation. Vérifiez auprès de votre éditeur que la version installée intègre la structure Tardoc et les forfaits. Demandez une confirmation écrite de la mise à jour des positions et des règles de cumul. Sans cela, vos factures partent avec de mauvaises positions.
Mise à jour des positions. Reprenez votre catalogue d'actes habituels et remplacez les anciennes positions par les nouvelles. Gardez la trace de chaque correspondance.
Formation du secrétariat. Les collaboratrices qui saisissent ou contrôlent la facturation doivent connaître les règles de cumul. Prévoyez une demi-journée de formation et un pas-à-pas écrit pour les cas fréquents.
Information des patients. Expliquez en quelques lignes, à l'accueil ou sur le site, que la facturation suit une nouvelle structure tarifaire. Cela évite les questions sur les factures qui diffèrent d'une année à l'autre.
Coordination avec les assureurs. Suivez les premiers retours de rejet. Un motif récurrent révèle souvent une erreur de position ou de cumul à corriger à la source.
Exemple avant/après sur un cabinet type de médecine de famille, 4 000 consultations par an. Avant : vous comparez la moyenne facturée par consultation en Tarmed. Après : vous refaites le calcul sur la même base avec Tardoc. Si l'écart moyen est de CHF 2.00 par consultation, l'effet annuel est de CHF 8 000. Ce chiffre est un exemple de méthode : remplacez-le par vos propres données de facturation, car aucun écart moyen officiel n'est garanti pour un cabinet donné.

Checklist de mise en conformité

À faire, avec une échéance pour chaque point :
  • Confirmer par écrit la mise à jour du logiciel avec l'éditeur : dès maintenant.
  • Tester 30 à 50 factures réelles en Tardoc et comparer avec l'ancien calcul : sous 30 jours.
  • Classer vos 20 actes les plus fréquents entre Tardoc et forfait ambulatoire : sous 30 jours.
  • Former le secrétariat aux règles de cumul : sous 45 jours.
  • Contrôler la valeur du point tarifaire de votre canton : à chaque convention.
  • Revoir le revenu assuré de votre perte de gain si l'activité change : lors du prochain bilan annuel.
Sources officielles à consulter régulièrement : la FMH (fmh.ch), l'OAAT, l'OFSP (bag.admin.ch) et le texte de loi sur fedlex.admin.ch. Informations vérifiées le 27 octobre 2026, certaines modalités pouvant encore évoluer.
"Cet article, publié par MedCourtage (FINMA F01502264), présente à titre purement informatif les différences entre TARDOC et TARMED pour les médecins indépendants; il ne constitue ni un conseil juridique, fiscal ou assurantiel personnalisé, et ne remplace pas l'avis d'un professionnel qualifié."

FAQ

Non. Tardoc est une nouvelle structure tarifaire à l'acte, avec des prestations redécrites, des durées recalculées et de nouvelles règles de cumul. Elle coexiste avec les forfaits ambulatoires, qui forment l'autre moitié de la réforme.

La valeur du point reste fixée par canton, entre fournisseurs de prestations et assureurs. Elle varie donc d'un canton à l'autre. Vérifiez la valeur applicable à votre cabinet auprès de votre société cantonale de médecine.

La neutralité des coûts s'applique à l'ensemble du système, pas à chaque cabinet. Votre revenu peut monter ou baisser selon votre profil d'activité. Testez vos propres factures pour mesurer l'effet réel sur votre cabinet.

Cela dépend de la liste des forfaits approuvés. Les spécialistes qui pratiquent des actes techniques ou des interventions ambulatoires répétitives sont les plus concernés. Consultez la liste officielle sur le site de l'OAAT et de l'OFSP.

Contactez immédiatement votre éditeur et demandez une confirmation écrite de la mise à jour des positions et des règles de cumul. Sans mise à jour, vos factures risquent des rejets par les assureurs et des retards de paiement.

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MedCourtage Team

28 octobre 2026

2026-10-28